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Des montagnes de tendresse !

Outre mes 3 chats (Gamins, Gandalf et Iroise) et mon âne (Tolstoï), 3 Terre-Neuve noirs et blancs partagent ma vie...

En parcourant ce site, vous (re-)découvrerez le petit monde de Chaussettes (10 ans), Elypse (2 ans) et Virgule (1 an), ainsi que les derniers nés, les bébés inespérés que Chaussettes a eu sur le tard avec Elypse...

Bonne visite !

Carioline

Des nouvelles pas fraîches…

 

 

… et prolongation sur l'histoire d'Aïoli…

(cet article avait été écrit le 31/05, mais je l'ai remis dans l'ordre "chronologique" de la vie des bébés...)

Mouais, des nouvelles pas fraîches… Enfin, si, côté météo, mais pas récente, puisque maintenant qu'on a les yeux ouverts, on peut relayer Maîcresse à l'ordi et vous raconter notre naissance…

 

 

Déjà, jeudi 12 mars, Carioline avait remarqué qu'Elypse, notre maman, n'avait pas grand appétit. Vendredi matin, papa Chaussettes, maman Elypse et tonton Virgule avaient fait leur promenade habituelle. Puis, au moment du repas du matin, Maman n'avait toujours pas mangé. Vers midi, elle commençait à s'agiter plus que d'habitude. Elle changeait toujours de place, haletait sans cesse. Carioline trouvait que Maman était un peu chaude. Elle demandait à sortir sur le balcon, dans le jardin, puis revenait aussitôt dans la maison. Finalement, Maîcresse l'a invitée à se calmer, à se coucher sur son matelas habituel, tout de même protégé, au cas où… A n'en pas douter, Elypse allait mettre bas sous peu.

 

Elypse se léchait de plus en plus fréquemment, un signe, à n'en pas douter ! ! ! Franchement, ces éleveurs débutants, ils n'y connaissent rien !

 

Comme Maman consentait à se tenir enfin tranquille, Maîcresse ne voulant pas la stresser d'avantage, lui octroyait quelques minutes seule, pour aller prévenir Sam, sa voisine, que la naissance approchait sûrement, mais qu'elle voulait avoir son avis. Sam est donc venue constater  par elle-même. L'accueil a été loin d'être chaleureux, Maman lui a grogné dessus dès qu'elle a passé la porte. Il faut dire que U2, la chienne de Sam, et Maman ne sont plus en bon terme, maintenant qu'elles sont adultes. Sam est donc restée sur le pas de la porte… Le temps pour elle de dire que les contractions allaient sûrement arriver, que Maîcresse constate qu'il y a déjà une poche de sortie. En s'approchant pour rassurer Maman, Carioline s'est finalement aperçue qu'un petit était déjà sorti. Celle qui allait devenir Alaska-la-Blanche était née ! Sam s'est éclipsée discrètement, et Maîcresse est restée au chevet de Maman.

 

Et une Biscotte sortie du four ! Euh ben non, c'est Alaska ! Ah ah ah !

 

 

 

Elypse mange consciencieusement le placenta d'Alaska.

 

Une blanche aux oreilles noires… Tu parles d'un croisé Terre-Neuve ! A ce moment, la vie d'Alaska tenait à un fil… Maîcresse trouverait-elle à la caser, cette boule de neige, alors qu'on s'attendait plutôt à des boules de suif ? Et les autres, s'il y en avait, ressembleraient-ils à des Terre-Neuve ? Mais Elypse était inquiète, elle ne semblait pas comprendre ce qui lui arrivait. Elle tremblait. Quelques paroles et caresses rassurantes, on rapproche le bébé qui s'agite vers les mamelles, Elypse reprend ses esprits, lèche la petiote, mange la poche et se calme aussitôt. Elle materne bien son premier bébé, c'est déjà une bonne chose.

 

 

Altaïr, tout juste sorti du placenta.

 

 

Carioline n'a pas eu le temps de tergiverser, un deuxième petit s'annonçait : un mâle, noir avec les pattes blanches (il deviendra Aalto). Ouf ! Au moins un vrai croisé Terre-neuve, qui ressemblait diantrement à son papa ! Youpi ! Carioline rassure de nouveau la Maman, lui caresse le ventre pour faciliter les naissances. Elypse semble plus sereine. On ne peut pas dire qu'elle ait eu de grosses contractions jusqu'à présent. Elle ne s'est même pas plainte. On dirait presque que les bébés passaient tout seuls… Voyant que les choses se passent bien, qu'Elypse s'active à soigner son petit monde, Carioline prend le large dans la maison, bricole à droite, à gauche. Et quand elle s'approche de nouveau de la nichée, c'est pour constater qu'une petite troisième est arrivée ! Acadie était née ! Noire avec les pattes blanches elle aussi !

 

 

Ne se sentant plus de joie, Caroline court annoncer la nouvelle à Nicole, sa voisine la plus proche… Pour elle, vue la taille de la "petite" chienne, c'était la dernière à naître. Caroline a donc pris le temps d'installer un logiciel sur l'ordinateur de sa voisine pour que cette dernière puisse envoyer les photos de son chaton à sa fille, et que Carioline puisse envoyer en direct des photos des chiots à Déphouine et Franck, ses amis tourangeaux qui lui ont donné Chaussettes. La manip' prend un peu plus de temps que prévu, le programme ne fonctionne pas, et Carioline décide de rentrer.

 

 

Quand elle s'approche de la couche, elle s'aperçoit qu'un des chiots noir et blanc s'est éloigné d'Elypse. Elle le prend délicatement et s'aperçoit avec effroi que le petit mâle était mort. Froid. Pour elle, il s'agissait du chiot arrivé en deuxième, celui sur qui elle portait ses espoirs de devenir un Chaussettes junior. Accablée, elle se tourne vers Elypse, qui était de dos. Maîcresse passe la tête pour regarder les autres chiots téter, et oh stupeur, les 3 premiers nés étaient bien là ! Et un quatrième était à leurs côtés. Le chiot mort était donc né pendant son absence ! Et en y regardant de plus près, un autre, trouvé mort lui aussi, blanc avec des taches noires, comme la première petite chienne, était tombé à côté du matelas, pourtant bien calé précédemment pour qu'il y ait moins d'interstices possibles. Il était gros, ce chiot ! Carioline regarde rapidement s'il n'y a pas d'autres surprises macabres. Non, à première vue.

 

 

Maman continue à s'occuper de nous. Elle se lève, et se recouche. Carioline la regarde du coin de l'œil. Elle se dit qu'elle ferait bien de retirer le matelas pour éviter les accidents. Mais Elypse se lèche. Maîcresse se rapproche. Maman change de position. Et Carioline aperçoit une poche énorme contre le mur. Elle n'était pas là quand elle a regardé tout à l'heure, soit, il y a quelques minutes à peine ! Pendant qu'elle surveillait la tête d'Elypse, le chiot avait été expulsé, était tombé malheureusement discrètement entre la baie vitrée et le matelas. Le chiot est encore dans son placenta, non percé. Il est chaud ! Vite, crever la poche, pour essayer de le faire respirer, s'il n'est pas trop tard. Hélas, si ! Carioline sera vraiment très déçue de ne pas s'être aperçue de la naissance chaotique de celui-ci. Il était blanc avec de grandes marbrures noires. Magnifique ! Et de gros gabarit, qui plus est. M'enfin, elle s'était fixé une limite de 4 chiots, il y en avait finalement 4, la sélection "naturelle" malencontreusement provoquée par son absence avait choisi les survivants pour elle. Une bonne chose de faite.

 

Le chiot que j'ai retrouvé mort, encore tout chaud, dans son placenta.

 

Carioline prend les 3 chiots morts et s'apprête à les mettre dans le jardin. Ne trouvant pas de bêche, elle remet ça à plus tard. D'abord, même si elle en avait trouvé une, elle aurait enterré les petits à la nuit tombante. Mais elle ne pouvait pas non plus laisser traîner trop les petits corps, car Elypse n'était pas franchement rassurée qu'on les lui retire, maintenant qu'elle les avait découverts. Bon, changeons la couche d'Elypse, elle est trempée, et les 4 survivants ne risqueront pas de tomber durant la nuit. Délicatement, Carioline retire le matelas où Elypse n'est pas couchée, aménage un coin néanmoins douillet, prend un à un les chiots, les déposent dans leur nouveau coin, et invite Elypse à les rejoindre, une cinquantaine de centimètres plus loin, histoire de retirer la seconde partie du matelas. Elypse se lève et Carioline découvre avec stupéfaction, non pas un, mais deux petits chiots noirs et blancs, encore tout mouillés ! Elle se retourne vers Elypse, et effectivement, les 4 autres sont en train de téter ! Mais cela ne s'arrêtera donc jamais ! Carioline a sérieusement l'impression que dès qu'elle tourne la tête, Elypse lui pond un bébé !

 

 

 

 

 

 

Heureusement, notre fine équipe s'arrêtera à 6 membres. Plus d'autres surprises pour la fin de la soirée, déjà bien avancée. Carioline s'est rapidement aperçue que l'une des dernières-nées a les pattes arrière un peu mal formées. A n'en pas douter, elle fera partie du voyage vers des cieux toujours bleus, demain, chez le véto. "Pas la peine de garder un chiot, de gros gabarit qui plus est, qui risque de devenir paralysé, avec les problèmes que cela induit pour son futur maître qui s'y sera attaché". C'est ce qu'a pensé immédiatement Maîcresse. Eugénisme, nous direz-vous ? Elle ne pouvait pas concevoir confier un chien "à problème" à quelqu'un. De son côté, avec Una, la chienne Berger du Caucase de son n'amoureux, et Elypse qui se supportent déjà très difficilement, il était hors de question d'introduire une troisième chienne dans notre meute, handicapée qui plus est. Aussi, si c'était pour faire souffrir inutilement cette petite bête, mieux valait avoir recours à la piqûre du véto, qu'au moins cela soit fait humainement. Cela allait totalement à l'encontre de sa vision des choses, mais c'était une trop grosse responsabilité de refiler un gros chien handicapé à un "étranger". Elle verrait bien demain…

 

 

Le samedi matin, elle voulait d'abord peser les chiots de son n'amoureux, qui étaient là, eux aussi, dans le jardin tout ce temps. Ils repartaient ce week-end, et Philippe n'aurait sûrement pas le temps de les re-peser sous peu, autant en profiter. Mais pas question d'emmener quelque chiot d'Elypse que ce soit, dès que Maîcresse prenait la petite chienne aux pattes tordues, Elypse ne la quittait pas d'une semelle… Alors, l'emmener de suite en voiture, alors que les autres chiots de 2 mois et demi étaient déjà dedans… Non, la petite attendrait, Carioline ferait deux voyages, voilà tout… Mais de retour de la pesée, les parents de Carioline faisaient sonner lson téléphone. Ils souhaitaient profiter de la venue de Peggy, leur seconde fille, pour voir également leur "grande". Ah ! Là où l'état de la maison était à peu près acceptable pour accueillir la tite sœur, il l'était moins pour pôpa-môman ! Gloups, corvée de ménage, vite ! Si bien que l'heure passant, la chienne eut le droit à un sursis jusqu'au mardi, puisque le véto était fermé lundi…

 

 

Et le lundi, Carioline s'entendu dire par la collègue de son vétérinaire habituel, que "ça pouvait se remettre". Connaissant à peine cette dame, Maîcresse s'est tournée vers Sandrine, l'assistante, qu'elle connaissait bien mieux. C'était plutôt vers elle qu'allait sa confiance. Elle lui dirait, elle, si c'était raisonnable de laisser vivre la petite chienne… Quoique, avec le recul, Sandrine, elle serait du genre à laisser leur chance à pas mal de bébêtes ! Déjà, pour la naissance des chatons d'Iroise, la minette de Carioline, Sandrine lui avait dit de ne pas euthanasier les deux chatons sur quatre. Qu'elle trouverait toujours à les placer… Et elle avait vu juste , la Sandrine ! Que même elle avait elle-même participé à caser les chatons, puisqu'elle en avait pris un : Tigrou… (Tiens, d'ailleurs, comment il va, celui-là ?).

 

 

Bref, Sandrine confirmait le diagnostic de la véto : il y avait de forte chance que cela se remette… Et comme, quelques jours plus tard, le fameux véto habituel a pu voir la petiote, que lui aussi a affirmé la même chose, La Tordue est devenue Aïoli (Dommage, La Tordue, c'est le nom d'un groupe que Maîcresse adore… Mais comme elle trouvait ce surnom finalement péjoratif pour sa petite chienne, elle en a choisi un autre…). Aujourd'hui, les pattes arrière d'Aïoli semblent évoluer correctement, dixit le véto qui l'a vue encore une fois vendredi dernier. Maîcresse n'ose y croire. Elle est partagée entre l'espoir que cela s'arrange, sans trop de séquelle et la peur qu'une personne hérite d'un chien avec un trop lourd handicap, exacerbé par la masse d'un Terre-Neuve. Espérons que la bonne étoile de Sandrine continuera à porter chance à Aïoli…

 

 

 

Il était une fois…

Un Chaussettes dans ma vie !

Il y a 10 ans, alors que je consultais les petites annonces à la recherche d'un Terre-Neuve, de race ou non, j'en trouvais une qui présentait des croisés Terre-Neuve à vendre.

N'ayant pas le téléphone à la maison, je suis sortie prestement vers la cabine et j'ai composé fébrilement le numéro. Une jeune femme m'annonça qu'une dame devait passer voir le dernier chiot disponible, un mâle noir avec le bout des pattes blanches. Je devais rappeler le lundi suivant pour savoir si elle l'avait réservé ou non. Déjà, dans ma tête, fourmillait l'idée que si je pouvais avoir le chiot, je l'appelerais Chaussettes. Comme dans Danse avec les Loups.

Pendant le week-end, j'ai rejoint mon ami, qui résidait dans l'Isère, alors que j'étudiais à Tours. Je lui ai annoncé que j'avais peut-être trouvé le chien de nos rêves, que je devais rappeler lundi pour savoir s'il était toujours disponible ou non. Nous avons passé le week-end à espérer.

Lundi soir, de retour en Touraine, j'appelais la jeune femme. Je n'osais entendre sa réponse. Allait-elle m'annoncer que le chiot était réservé ? Ou au contraire que je pourrais espérer l'adopter ? La sonnerie du téléphone m'a semblée interminable. Enfin, quelqu'un a décroché. J'ai reconnu la voix de la jeune femme. Ouf ! Elle était là !

La réponse ne tarda pas ! La dame s'était rétractée. Elle se serait finalement rendu compte qu'un Terre-Neuve, c'était gros ! Ben, forcément, si on veut un petit chien, on prend un Pinscher, pas un Terre-Neuve ! J'étais un peu rassurée. Pouvais-je venir le voir dans la semaine ? Sans problème. Rendez-vous était pris pour un mercredi soir, je crois…

Les jours suivants ont été un calvaire. L'attente interminable. J'avais hâte d'être à mercredi soir, pour voir de quoi avait l'air celui qui serait peut-être mon futur chien… Les cours s'égrenaient trop lentement à mon goût ! Enfin, la fin de la dernière heure de cours du mercredi après-midi arriva. J'allais savoir !

Après quelques détours dans la campagne tourangelle, je touchais enfin à mon but. Je frappais timidement à la porte, qui ne tarda pas à s'ouvrir. Je fus accueillie chaleureusement par la jeune fille, qui se présentera comme étant Delphine.

Dans la salle à manger, de jeunes amis à elles, d'une quinzaine d'années, jouaient gentiment avec les chiots. Trois. Mon regard se porta directement sur un gros bébé aux superbes chaussettes blanches. Dommage que cela ne soit pas lui, la dame avait dit : "Le bout des pattes blanches", cela devait donc être cet autre chiot, qui n'avait que de toutes petites chaussettes. D'ailleurs, j'apprendrais un peu plus tard que c'était son nom. Zut alors !

"Le chiot qui reste, c'est celui-là." Je n'en croyais pas mes yeux ! Je ne rêvais pas, elle me montrait le chiot qui m'avait tapé dans l'œil ! MON Chaussettes ! "Il vous plaît ?" "Et comment ! Si c'est d'accord pour vous, je le prends sans hésitation !". Nous avons discuté longuement de Belle, la maman, croisée Terre-Neuve… blanche avec des taches noires, un peu comme un Landseer, ce cousin du Terre-Neuve. De Harley, le papa des bébés, Terre-Neuve pure race qui officiait aux côtés de son maître sur les plages de Mimizan. De Lypsie, Chaussettes-femelle et Gringo, qui allait devenir Chaussettes-mâle !

Belle, la maman de Chaussettes. On aperçoit ce dernier à gauche.

D'ailleurs, Chaussettes avait failli jamais ouvrir les yeux sur le monde. Il avait été convenu qu'on ne garderait que les trois premiers chiots. Trois, c'est bien assez pour une chienne comme Belle, et plus, ce serait difficile à caser. Delphine a vu les premiers naître. Il arriva vite, le temps où il fallut supprimer les surnuméraires. Chaussettes ne dût son salut qu'à ses originales chaussettes blanches, agrémentées d'un magnifique collier blanc. Trompe-la-Mort malgré lui, mon Chaussettes !

Delphine et Franck, son mari, ont été formidables ! Ils m'ont permis de venir voir régulièrement Chaussettes durant le dernier mois avant le sevrage. J'ai ainsi pu suivre son évolution, m'incrustant chez eux au moins deux fois par semaine ! Nous avons sympathisé rapidement. Le contraire eût été difficile, tant ils étaient gentils !

J'ai pu voir grandir mon chiot au fil des semaines... Lypsie à droite.

L'ami qui devait initialement leur prendre la petite Chaussettes s'était désisté. Ils avaient décidé de la garder et de la baptiser Leïa, à cause de ses immenses oreilles qui rappelaient la fameuse coiffure de la Princesse du même nom dans Star Wars.

Lypsie, Leïa et Chaussettes grandirent sereinement aux côtés de leur maman et de leurs maîtres bienveillants. Parfois, Belle faisait une surprise à ses maîtres. Elle parvenait à ouvrir la porte de la pièce où elle était dans la journée et venait s'affaler sur le canapé. Ces jours-là, les chiots en profitaient pour faire les pires bêtises que leur permettait leur taille non négligeable !

Avant le passage des chiots, il y avait des plantes sur tout le meuble !

Le jour-même où je devais aller chercher Chaussettes, Belle avait encore ouvert la porte. Les chiots s'étaient engouffrés dans le salon, avaient renversé des pots de fleurs, s'étaient amusés comme des fous à courir dans la terre répandue, avaient fait pipi et caca partout, s'étaient roulés dans la boue ainsi formée ! De retour, Delphine et Franck avaient du tout nettoyer ! Et à mon arrivée, mon Chaussettes avait encore des traces de boue séchée sur son pelage ! Mais comme à son habitude après une bêtise, il faisait sa gueule d'ange !

Avouez, comment ne pas craquer ! Tout y est, même le noeud !

Vint le moment de régler l'achat de mon bébé. Coup de théâtre ! Delphine et Franck, prétextant qu'ils avaient trouvé les maîtres idéaux pour leurs protégés, refusèrent tout net la somme initialement convenue, qui devait rembourser les frais d'alimentation des chiots. Ah mais, ça ne se passerait pas comme ça ! Je jetais un regard complice à Peggy, ma sœur qui m'accompagnait, et me dirigeais vers les toilettes. J'y déposais discrètement un petit billet en espérant qu'ils ne le trouvent qu'après mon départ !

Chaussettes a quitté sa môman et ses éleveurs, mes nouveaux amis. Une nouvelle vie, la plus longue possible, l'attendait. Dix ans bientôt qu'il me suit comme mon ombre (il a même assisté à un de mes cours d'informatique à la fac, si, si !), à la maison, en vacances, et même, ces dernières années, au travail. Au fil des ans, Chaussettes s'est révélé la coqueluche d'une nuée d'enfants… En mars dernier, quelques jours avant mon 33ième anniversaire, il a réussi à saillir sa première chienne. Pour comble de bonheur, ce sera Elypse, celle qui était devenue entre temps, mon deuxième Terre-Neuve de Pacotille ! Mais ça, ce sera pour un autre jour !

À la recherche du Terre-Neuve prodigue

Ou Comment Ulysse devînt élypse…

Avec Delphine et Franck, cela faisait longtemps que nous songions à reprendre un Terre-Neuve pour que nos chiens respectifs, Fraggle (Belle est morte entretemps, renversée par une voiture alors qu'elle s'était sauvée) et Chaussettes, puissent éduquer nos futurs chiots un temps soit peu à leur image. Nous cherchions chacun de notre côté les chiots qui pourraient nous convenir.

Si eux recherchaient simplement "une gentille petite chienne" Terre-Neuve pour grandir aux côtés de leurs enfants, je recherchais un chiot qui ressemble le plus possible, physiquement et mentalement, à Chaussettes. Mon prochain Terre-Neuve serait noir avec des chaussettes blanches ou ne serait pas. Notre longue quête allait commencer…

Chaussettes à la recherche du rejeton idéal ?

Mes amis avaient sympathisé avec une dame qui élevait des Terre-Neuve. Mais ils avaient reporté leur adoption au moment où le jardin de leur nouvelle maison serait clôturé. De mon côté, après avoir également un temps reporté mes recherches, je consultais les annonces et les sites Internet pour dénicher un chiot noir et blanc. Nous ne recherchions pas forcément un chiot de race, mais si je voulais trouver ma perle rare, j'aurais sûrement à chercher du côté des éleveurs de vrais Terre-neuve noirs et blancs.

Paula, magnifique petite chienne, n'avait pas assez de blanc à mon goût !

Vercingétorix ressemblait un tout peu plus à Socks, mais finalement pas tant que ça !

Les annonces que je trouvais ne répondaient pas trop à mes critères : trop de blanc chez les noirs et blancs, et pas assez chez les noirs. J'avais bien vu passer une chienne croisée Terre-Neuve/Bouvier bernois, qui avait quasiment les mêmes chaussettes que Chaussettes, mais elle avait déjà 1 an, se trouvait à l'autre bout de la France et avait un petit je-ne-sais-quoi qui ne me convenait pas… J'étais entrée en contact avec un éleveur qui me proposait une jeune chienne de 9 mois avec le petit bout des pattes blanches, et un autre qui avait un chiot mâle noir et blanc a peu près à mon goût, même s'il avait un peu plus de blanc que ce que je recherchais.

Il était joli, non ?

Rendez-vous fut pris avec l'éleveur du petit mâle pour que j'aille le voir. Avec mon ami, nous devions profiter de notre sortie dans l'Est de la France (où nous allions voir un 4X4 pour lui) pour pousser encore plus vers le soleil levant voir ce bébé. Mais cela me tarabustait… En tant que Terre-Neuve noir et blanc de pure race, il n'était pas donné. Et puis, il avait un peu beaucoup de blanc, quand même ! était-ce bien sérieux ?

Par acquis de conscience, j'avait recherché et noté les coordonnées de la dame à la chienne croisée Terre-Neuve/Bouvier. Tandis que mon ami faisait affaire avec le vendeur, j'appelais la dame. Elle m'apprit que sa chienne était toujours à donner. Ma décision fût prise rapidement : je venais la voir le week-end suivant. Et dans la lignée, j'appelais l'éleveur pour le prévenir que je ne viendrais pas voir le chiot.

Tout allait bien dans le meilleur des mondes…J'allais enfin avoir mon deuxième Terre-Neuve noir et blanc. Bon, une chienne, en l'occurrence, âgée d'un an, qui plus est ! Je commençais à l'idée de la voir à mes côtés, derrière Chaussettes. J'essayais de m'imaginer comment elle était en vrai. Des photos, c'est bien, mais pouvoir faire connaissance, c'est mieux. Allait-elle me plaire ? Je le saurais le week-end prochain…

Coucou Chaussettes, ne cherche plus ton sosie, elle est là !

Sauf que, dans l'après-midi, la propriétaire de celle qui s'appelait Ulysse m'a rappelée. Elle avait annoncé à sa voisine qu'Ulysse avait peut-être trouvé une nouvelle propriétaire. Son amie était tombée des nues. Elle ne savait pas qu'Ulysse devait partir. Son mari, apprenant la nouvelle, souhaita adopter lui-même la chienne qu'il voyait régulièrement au travers du grillage. Il était alors hors de question qu'Ulysse s'en aille. Cela arrangeait bien la propriétaire, qui, déménageant dans une maison plus petite dans le village, pourrait continuer à voir sa chienne. Elle m'annonça alors penaudement sa décision de laisser sa chienne aux voisins. Un peu déçue, je compris toutefois son choix.

Les premières photo de mon Virgule en "privé".

Je me re-penchais alors sur les sites d'éleveurs de noirs et blancs. Il y avait un petit rat qui me plaisait bien, à dominante noire, mais avec de belles chaussettes blanches, du blanc sympa sur le corps et une rigolote virgule sur la fesse ! Il n'avait pas de nom sous sa photo. J'ai contacté les éleveurs qui m'ont dit que le chiot, un mâle, était toujours disponible, mais qu'étant prognathe, il ne serait pas confirmable, et donc serait vendu "moins" cher. Je demandais de nouvelles photos et rappelais dans la semaine pour convenir d'un rendez-vous

Mais mon histoire avec Ulysse n'était pas terminée, vous pensez bien. Quelques jours après le coup de téléphone annulant ma "demande d'adoption", la propriétaire d'Ulysse me rappelait pour m'annoncer que les voisins s'étaient finalement rétractés, et que face à de pareilles girouettes, je méritais Ulysse beaucoup plus qu'eux… Je pouvais donc venir la voir samedi comme convenu ! Youpi !

La semaine a été longue. Je me posais beaucoup de question sur la chienne. Allait-elle m'accepter ? Était-elle sympa ? Ressemblait-elle réellement à un Terre-Neuve ? En tout cas, elle semblait assez grande ! Le jour J arriva. Je pris le train pour me rendre dans le Var, où résidait Elypse et sa maîtresse. Cette dernière est venue me chercher à la gare. Arrivée à la maison, je fis connaissance avec une Ulysse exubérante. Elle me sauta dessus pour me faire la fête. Je l'ai remise doucement mais sûrement à sa place. Elle n'avait pas l'air méchante, mais pas très bien éduquée… On verrait bien.

Forcément, si je l'avais vue comme ça, j'aurais peut-être bien hésité ! Hi hi hi !

Sa maîtresse me décrivit un peu son mode de vie, essentiellement au jardin. Elle m'avoua qu'en sachant qu'elle ne pourrait plus garder sa chienne après le divorce, elle avait évité de continuer à s'y attacher. Ulysse sortait quand même de temps à autre en promenade, mais la diminution d'attention de sa maîtresse semblait la toucher. Ulysse était franchement collante avec moi. C'est vers moi qu'elle est tout de suite venue, pas vers sa maîtresse. Nous sommes allées la promener le long du canal. En laisse d'abord, j'ai pu voir qu'elle ne tirait pas excessivement. Puis en liberté, où elle revenait facilement au pied. C'était déjà ça. Mais de toute façon, la ressemblance de son pelage avec Chaussettes m'a assez rapidement convaincue : elle repartirait avec moi !

Youpi ! Qu'est-ce qu'on est bien dans ma nouvelle maison !

Le lendemain, la maîtresse d'Ulysse nous accompagna à la gare. Je n'avais pas voulu acheter de billet retour pour chien sans avoir la chienne. Je me suis donc présentée au guichet pour acheter le titre de transport d'Ulysse. Elle allait mettre ses premiers pas dans ceux de Chaussettes. Allait-elle aimer le train autant que lui ? C'est ce que nous allions voir…

Malheureusement pour moi, la place qui m'était réservée se trouvait être à côté d'un monsieur allergique au chien… Je n'ai donc pas pu bénéficier de place assise durant tout le retour jusqu'à Paris… Sympa, le TGV ! En plus, Ulysse était inquiète. Elle grognait. Heureusement, j'avais prévu une muselière, ne serait-ce que parce que c'est "obligatoire" pour la SNCF. Même si je n'avais pas eu besoin de la mettre, j'en avais une dans le sac. Ne connaissant la chienne pas plus que ça, j'ai préféré prendre mes précautions… Mais une fois tapie dans le coin à bagages, elle s'est un peu calmée. Elle était toujours inquiète mais ne grognait plus. Ouf !

A l'arrivée à Paris, le comportement d'Ulysse m'a quelque peu pris par surprise. Nous avions voyagé non loin d'une dame et de sa fillette. Celles-ci se trouvaient avec nous dans le couloir lorsque le train est entré en gare. Lors du coup de frein final, la petite fille a perdu l'équilibre. Un vieux monsieur s'est précipité pour la rattraper, mais Ulysse en avait décidé autrement. Cet étranger à chapeau ne devait pas toucher la petiote. Et elle s'est jetée devant la petite fille pour la protéger… d'un homme bienveillant, il est vrai. La petite fille a été finalement rattrapée par sa maman, et Ulysse est revenue à sa place.

J'suis pas méchante, mais faut pas m'chercher !

Plus tard, sur le quai, dans la foule parisienne, Ulysse ne savait plus où donner de la tête ! Que de monde dans sa petite tête ! Soudain, un homme est passé en courant, il est passé si près de nous qu'il m'a frôlée. Mal lui a pris, car malgré la muselière, Ulysse est parvenue à lui pincer le pantalon… Plus de peur que de mal, mais désormais, je me savais en sécurité ! Je n'en croyais pas mes yeux.

Durant ses premiers jours à la maison Ulysse a du trouver sa place. Plus question désormais de faire ce que bon il lui semblait. Dur d'oublier une année d'indépendance dans son jardin. Mais une chose est sûre, Ulysse appréciait le confort de la maison. Elle montrait quelques signes de dominance, mais doucement et fermement, je l'ai remise à sa place. Elle grognait encore ponctuellement quand elle se sentait acculée et que je voulais la contraindre à obéir, mais en employant la manière douce, elle acceptait de céder.

La belle au coucher du soleil, dans la neige champenoise... Quel luxe, dis donc !

Aujourd'hui, Ulysse est devenue Elypse (ben oui, j'aurais eu l'air malin à avoir deux mâles avec un prénom féminin, et une femelle avec un prénom masculin… Alors, j'ai tranché, mes 3 Terre-Neuve auront un nom de fille, na !). Ses sautes d'humeur ont pratiquement disparues. Elle n'atteint pas la "perfection" (quoi, Chaussettes n'est pas parfait ? Ah bon !  ) de mon vieux Chaussettes, mais c'est tout de même une brave mémère… Et je ne la donnerais pour rien au monde… D'autant que grâce à elle, l'inespéré allait se produire ! ! ! Chaussettes allait être enfin papa. Pour Elypse, à bientôt 10 ans, il avait enfin trouvé le mode d'emploi de "comment on fait les bébés"!

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